Eau courante, électricité, sanitaires, chauffage… Ces équipements, aujourd’hui présents dans la quasi-totalité des logements, peuvent pourtant ne pas figurer dans les données utilisées pour calculer leur valeur locative cadastrale. Une situation que l’administration fiscale souhaite corriger. Mais selon quelles modalités ?
Taxe foncière : une mise à jour des caractéristiques des logements
Pour calculer la taxe foncière sur les propriétés bâties, l’administration fiscale se base notamment sur la valeur locative cadastrale du logement.
Pour déterminer cette valeur, elle tient compte de différents éléments et notamment de certains équipements du logement, qualifiés historiquement d’« éléments de confort ».
Sont notamment concernés le raccordement à l’eau et à l’électricité, les WC, le lavabo, la douche ou encore le chauffage ou la climatisation.
La présence de ces équipements est prise en compte sous la forme d’une équivalence en mètres carrés, qui vient augmenter la surface pondérée retenue pour déterminer la valeur locative du logement.
Problème : les informations dont dispose l’administration ne correspondent pas toujours à la réalité. Certains logements peuvent ainsi être enregistrés comme dépourvus d’équipements pourtant effectivement présents.
C’est pourquoi l’administration fiscale a engagé une opération de « fiabilisation » de ses bases afin de mettre à jour les caractéristiques de ces logements.
Le Gouvernement a rappelé que l’administration est autorisée à constater d’office les changements affectant les caractéristiques physiques d’un logement.
Pour les maisons et appartements classés dans les catégories 1 à 6, qui vont des logements « luxueux » aux logements présentant un confort « ordinaire », l’administration peut ainsi considérer comme présents 6 équipements jugés aujourd’hui essentiels : l’eau, l’électricité, au moins un WC, un lavabo, une douche par salle d’eau et un système de chauffage ou de climatisation.
Une mise à jour qui peut avoir une conséquence très concrète : l’ajout d’un ou plusieurs de ces équipements augmente la surface pondérée du logement et, par conséquent, peut entraîner une hausse de la taxe foncière et, le cas échéant, de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires.
Une mise à jour finalement laissée au choix des collectivités
Initialement, cette opération devait prendre la forme d’une mise à jour automatisée à grande échelle des bases fiscales.
Mais le dispositif a depuis évolué.
À l’été 2026, le Gouvernement a, en effet, précisé qu’il n’était plus question de procéder à une mise à jour généralisée à l’ensemble du territoire.
L’opération sera désormais mise en œuvre localement, sur la base du volontariat : les communes et établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) pourront décider de procéder à cette fiabilisation sur leur territoire.
Le Gouvernement a ainsi posé 3 principes :
- la mise à jour ne sera plus réalisée automatiquement à l’échelle nationale ;
- aucune opération ne sera imposée aux collectivités locales ;
- chaque opération devra être expressément validée par la collectivité concernée.
En pratique, les propriétaires ne seront donc pas tous concernés de la même manière : tout dépendra de la décision prise localement.
Lorsqu’une opération de fiabilisation est engagée, les propriétaires concernés doivent être informés des modifications envisagées concernant leur logement. Ils pourront alors signaler à l’administration une éventuelle différence entre les équipements présumés présents et la situation réelle du bien.
Et si une erreur subsiste malgré cette information préalable et se répercute sur l’avis d’imposition, le propriétaire conservera la possibilité de la contester auprès de l’administration fiscale.
Retenez que la prise en compte des « éléments de confort » dans le calcul de la valeur locative cadastrale n’est pas une nouvelle règle : ces équipements sont déjà intégrés dans les modalités d’évaluation des logements.
L’opération engagée par l’administration vise à corriger les bases fiscales lorsque certains équipements effectivement présents n’y figurent pas.
En revanche, contrairement à ce qui avait été initialement envisagé, cette mise à jour ne sera pas appliquée automatiquement et uniformément sur tout le territoire : sa mise en œuvre dépend désormais de la décision des communes et des EPCI concernés.
Taxe foncière : les « éléments de confort » sous surveillance – © Copyright WebLex
